true grit…western coen

mars 2nd, 2011 by lamorille

ouh la la ! ça fait un bail que je n’ai pas sentencieusement écrit sur ce blog. « true grit », des frères coen, m’y encourage. un western des frères coen, déjà, c’est du miel, me suis-je dit. échaudé par les décevants « ladykillers » et « intolérable cruauté », je n’avais guère kiffé « a serious man », mais je savais, au fond de moi, que les frangins allaient à nouveau me ficher une belle et bonne baffe…bientôt. ce fut le cas avec « true grit », un western à l’ancienne relatant une histoire archi-classique de vengeance. une gamine de 14 piges a décidé de venger la mort de son père assassiné et engage un marshal avec le fric qu’elle a amassé. elle est fortiche en affaires et opiniâtre en volonté. deux hommes sont sur l’affaire : cogburn et laboeuf, marshals routards et roublards. ces gars-là sont des durs à cuirs et ne veulent pas de la gamine dans leurs pattes. las, ils seront bien obligés d’accepter la présence de la jeune fille à qui on ne l’a fait pas. la chevauchée les conduira dans un ouest sauvage, dans lequel évoluent des rustres patibulaires. on n’en finit pas de dire que le western est un genre mort. les frères coen, comme eastwood avec « impitoyable » le ressuscitent – à croire qu’il ne veut pas mourir ce foutu genre. les paysages sont grandioses, d’une pureté liliale, vite gâchée par des hommes aux trognes invraisemblables. c’est aussi et surtout une tragédie teintée d’humour noir, dans laquelle les séquences contemplatives succèdent à des accès de violence inouïe. la coen touch n’a jamais été aussi vive : des personnages bien campés, un sens aigu de la dramaturgie et des idées de mise en scène velues. jeff bridges en fait des tonnes, c’est pour cela que je l’aime [comme je l'ai écris dans la rdm], matt damon est plutôt sobre en texan qui se fait arracher la moitié de la langue, la môme [hailee steinfeld] est tout bonnement géniale. quant aux seconds rôles, ils excellent en mimiques et en saloperies. les mâles sont d’ailleurs assez pitoyables à ressasser leurs « exploits » d’antan. s’il fallait résumer ce film, ce qui est complétement crétin je vous le concède, j’évoquerais la séquence où Mattie – la drôlesse -tire sur l’assassin de son père et tombe dans une profonde cavité. elle en sortira miraculeusement après avoir affronté de venimeux serpents, enfin surtout grâce à l’énuclée Cogburn : un père et une renaissance [sorry pour la psychanalyse de bazar]. et puis une fin d’une magnifique nostalgie que seuls de grands cinéastes peuvent oser, sans pathos, avec tendresse. bon, maintenant, vous cassez la tirelire et vous y allez. non mais !© ps : spéciale dédicace à manue ;-) pps : pas vu le film d’hathaway de 1969 du même nom.

mother…touche pas à mon gosse [non mais !©]

mai 28th, 2010 by lamorille

« mother » [madeo] est le dernier film du sud coréen bong joon-ho, connu pour avoir renouvelé le film de monstre avec « the host ». il s’agit d’un…d’un…euh, je bute sur le genre…d’ailleurs on s’en tamponne le coquillard.

l’histoire est simple : une mère vivote avec son benêt de fils dans une ville coréenne lorsque celui-ci est accusé à tort du meurtre d’une jeune lycéenne. déjà-vu lis-je dans vos yeux railleurs [et malicieux] ? oui, et alors, le thème archi-classique du faux coupable a donné de grands films. il suffit de lorgner du côté de lang ou d’hitchcock pour s’en souvenir.

tout commence par la danse d’une femme dans un champ : elle est un jouet démantibulé sur une musique doucereuse…???
puis vient la description, à travers ses personnages déclassés, odieux, vénaux, d’une société profondément inégalitaire. pour autant les situations comiques ( une baston entre jeunes et vieux sur un green, une coupure du doigt au massicot etc…) donnent un aspect plaisant au spectacle. mais peu à peu, les éléments d’une tragédie se mettent en place. jusqu’au crime commis par…on ne le sait pas, tout ce qu’on voit, c’est que do-joon (l’attardé) est sur les lieux.

dès lors, c’est le combat d’une mère qui va tout faire pour prouver l’innocence de son fils (magnifique kim hye-ja dans un rôle ambigu). C’est un véritable thriller qui s’engage, avec ses fausses pistes, ses espoirs, ses désillusions et ses apparentes résolutions. pourtant, on pourrait presque parler de film noir, tant le réalisateur s’attache à placer l’action dans une réalité sociale avec ses personnages quasiment tous corrompus ou stupides, mais encore de mélodrame, tant les personnages principaux sont vus avec une empathie jamais clinquante (tous les soucis du quotidien viennent se greffer à « l’aventure »). le dénouement est surprenant, comme dans tout bon film policier.

techniquement, la caméra suit la mère (sans nom…) et le fils de très prés ; les gros plans ajoutent en humanité, en matière. pour le reste, bong joon-ho sait filmer sans chichi et la langueur d’une mère et une scène ultra violente d’accident de la route par exemple. bref, un gars qui s’y connaît et qui ne se la pète pas.

c’est aussi un film « monstre » dans lequel le spectateur est accompagné vers des situations outrancières, voire grotesques, comme seul le cinéma coréen sait le faire (au sens premier du grotesque), les péripéties sont tour à tour et en même temps drôles, gores et tendres [oui, il peut le faire !]. la séquence finale, irrésistible, renvoie à celle du début…et m’a laissé l’impression d’un voyage, et même d’une odyssée. au bout du bout, on revient au point de départ avec quelques bribes de réponse et beaucoup plus de questions ais n’est-ce pas là la richesse du voyage.

film déconnologique, profond et léger, décortiquant un monde en décomposition « mother » est mon coup de coeur du moment…non mais !

ps : vu et apprécié dernièrement ; « mamuth » et « ajami »

pps : mes confuses à freak pour les noms coréens retranscrits à l’occidentale.

the ghost writer…vous reprendrez bien du mcguffin ?

mars 3rd, 2010 by lamorille

« the ghost writer » de roman polanski a été tourné avant qu’une certaine affaire ne vienne rattraper le cinéaste. c’est l’histoire d’un ancien premier ministre britannique qui désire écrire ses mémoires. comme tout bon politicard qui se respecte, il charge donc un tiers, un ancien conseiller, de les lui rédiger. manque de pot, ce dernier se noie dans des circonstances…troubles. c’est ballot me direz-vous ! mais adam lang (c’est le nom de l’homme politique en question – joué par un pierce brosnan impeccable) a de la ressource, en l’occurrence un nouveau « nègre » (the ghost en anglais est plus adapté) qu’il débauche contre la promesse d’une rémunération maousse.

voilà donc notre « ghost writer » qui débarque sur une île venteuse, pluvieuse dont l’animation nocturne n’est pas sans rappeler une ville auvergnate. tout de suite s’installe le malaise…le malaise d’un monde complétement parano dans lequel chaque geste est épié, chaque visage scruté, chaque promenade « accompagnée ». où l’on découvre bien vite que tout n’est que faux semblant. cette vision pessimiste d’une société hyper sécurisée est soulignée par une mise en scène virtuose : les personnages évoluent dans des cadres parfois lumineux, tantôt blafards. le travail de polanski est proprement admirable. les champs et contre-champs sont fluides, la photographie nous plonge dans un maelström de sensations confuses.

et puis, le scénario…le bouquin n’est qu’un mcguffin : un leurre. c’est alfred hitchcock qui a popularisé ce terme. dans « les enchaînés », c’est de l’uranium dans des bouteilles de pinard, dans « la mort aux trousses », ce sont des « secrets d’Etat ». ici, il s’agit d’une autobiographie. bien plus importantes sont les « aventures » du personnage principal (« the ghost », ewan mcgregor excellent en gentil neuneu manipulé mais opiniâtre). l’intrigue policière cède la place à l’étude de moeurs et à l’attaque en règle d’un monde fliqué et accepté comme tel. des rebondissements, il y en aura jusqu’à la dernière seconde…

co-scénarisé par robert harris, qui fut un proche de tony blair, il est évident que l’ancien premier ministre britannique est le pivot du film : un être affable et colérique, séducteur et pathétique. cependant, je me garderai bien de vous en dire plus sur l’histoire elle-même, je ne veux pas la déflorer (et qu’après vous veniez me reprocher d’avoir opéré comme un vulgaire « critique » non mais !).

un reproche…une vf pas à la hauteur ! pour le reste, un régal de mise en scène, un humour noir dévastateur, des personnages bien campés…et une sorte de prédiction sur ce qui allait tomber sur le paletot de polanski. donc, go go go…et plus vite que ça bande de feignasses !

le [vrai] banzaï de lamo !

shutter island…scorsese en liberté.

février 25th, 2010 by lamorille

c’est comme cela, ma fidélité à martin scorsese depuis le début des 80′s ne pouvait que me pousser à aller voir « shutter island », tiré du roman de dennis lehanne (que j’avions point lu). je fais parfois (souvent ?) référence au documentaire « un voyage à travers le cinéma américain avec martin scorsese » (un magnifique livre en a été tiré) : d’une durée de quatre heures, le père martin nous donne à voir le cinéma américain des « petits maîtres », de toth, tourneur, lewis, dwan….il en parle si chaleureusement que l’on ne peut qu’aller découvrir ces films. c’est ce que je m’efforce de faire.

si je m’égare dès le départ, si je digresse allègrement, c’est pour mieux vous parler, bande de petits chaperons, de la dernière toile de l’enfant de little italy. « shutter island » narre l’enquête des deux agents fédéraux à propos de la disparition d’une patiente d’un hôpital psychiatrique haute sécurité, situé sur une île au large de boston. l’enquête va bien entendu dérailler…les deux flics se retrouvent plonger dans un univers quasi-concentrationnaire en pleine tempête. bon ok, vous allez me dire que ça sent le psycho-thriller alambiqué à plein nez…et vous aurez tort, na !

tort parce que, j’ai vu une oeuvre d’un cinéaste en liberté, dans laquelle chaque séquence est un humble et génial hommage à ceux qui l’ont pétri de cinéma. tout d’abord jacques tourneur, question ambiance. il instille un côté fantastique dès le départ, uniquement par les lieux, les prises de vue, les gros plans sur les personnages. sourd une angoisse presque magique. ensuite alfred hitchcock pour le suspense, implacable. à ce propos , des séquences évoquent « vertigo » ou « la mort aux trousses ».

cependant, à la différence de tourneur ou d’hitchcock période « classique », martin scorsese ne se refuse pas à montrer la violence, crue et magnifiée par une caméra incroyablement agile. une fois de plus, à travers le prisme scorsesien, cette violence devient…belle…elle est l’explosion consécutive à la frustration, la culpabilité qui rongent le héros. plus surprenant est l’utilisation d’effets spéciaux fantastiques chez lui; il s’en sort remarquablement, les sfx sont saisissants et jamais gratuits.

d’un point de vue formel, le film est à tomber ! rarement j’ai vu une telle aisance, un tel talent…au service d’une histoire, sans esbroufe. les acteurs sont excellents, di caprio est au top, ben kingsley et max von sydow flippants, les seconds rôles sont à l’avenant, patibulaires et déjantés. seul petit reproche pour ma part : l’évocation un peu soulignée de la libération des camps d’extermination nazis. le plus : le contexte politique des 50′s, maccarthysme parano, qui rendrait dingo les complotistes de tout poil (;-)).

à voir absolument sur grand écran et ne pas craindre d’avoir les foies : voili voilà.
et le banzaï ! non mais !

la dérive du sage

janvier 28th, 2010 by lamorille

francis ponge, 1925.

parce qu’on est tout seul dans son île (seul avec l’ombre de son sage), acteur maniaque de signaux que personne ne remarque, – c’est toujours par : « pitié ! voyez ma maladresse » qu’il faudrait s’essayer à se faire comprendre ?

non ! (la dérive de mon sage est prête). c’est ma dernière provision d’orgueil que je flambe, – au lieu de m’en nourrir quelques heures de plus !

je mettrai le feu à mon île ! non seulement aux végétations ! je me chaufferai à blanc jusqu’au roc ! jusqu’à l’inhabitable ! j’allumerai peut-être un soleil !

« le verbe est dieu ! je suis le verbe ! il n’y a que le verbe ! »

(la dérive de l’ombre, dans la barque, est toujours prête, prête à ruer du bord.)

certains l’aiment chaud…d’hier et d’aujourd’hui.

janvier 6th, 2010 by lamorille

bon, j’avoue ne m’être intéressé à « certains l’aiment chaud » (some like it hot) que tardivement, comme d’ailleurs aux comédies américaines des 50′s, préférant, c’est mon côté snob, celles de hawks, de lubitsch ou de mccarey des 30′s. le côté suranné de « l’impossible monsieur bébé », de « sérénade à trois » ou de « cette sacrée vérité » seyait à mon plaisir : du rythme, de la légèreté, de la déconnologie !

et paf, « certains l’aiment chaud » au ciné, en vo, 100 bornes à travers les combrailles enneigées ont eu raison de mon atermoiement. de wilder, j’aime « assurance sur la mort » et « le poison », deux perles noires. mais la séance qui était l’aboutissement de ma pérégrination auvergnate allait abattre un à priori : la comédie us estampillée télérama-compatible est bien plus universelle et actuelle que les critiques qui pérorent.

l’histoire est simple : durant la prohibition, un clandé de luxe (qui se cache derrière l’entreprise de pompes funèbres joliment nommée « mozzarella ») se fait investir par d’ incorruptibles flicaillons; deux zikos se retrouvent au chômage, un contrebassiste (jack lemmon aka jerry / daphne) et un saxophoniste (tony curtis aka joe / josephine /junior) décident de se travestir et d’incorporer un orchestre de jazz (féminin et hot – le hot jazz étant la référence de l’époque) en tournée pour la floride, ses plages, ses millionnaires décatis, ses mafieux « amoureux de l’opéra » en congrès….les bandits en question n’ont pas oublié que les deux musiciens ont été les témoins d’une saint valentin sanglante. cependant, nos deux saltimbanques ont dû se travestir en donzelles pour mieux intégrer le « band » et mieux fuir.
dès lors, les situations cocasses se suivent : la marilyn vient perturber l’harmonie du « couple » de travelos, des jeux amoureux et spontanés et calculés vont acculer les uns (unes) et les autres dans un tourbillon de poursuites et de quiproquos hilarants. c’est inénarrable !…et c’est génial !

génial parce que billy wilder qui fut un scénariste hors-pair pour lubitsch (entre autres) laisse libre cours à une imagination débridée et toujours maîtrisée, chaque détail a un sens, des éléments viennent à ressurgir tout au long du film, le code hays est malmené à un point que je me demande encore comment ce métrage, où la sexualité la plus fantasmée et la plus crue ait pu passer ce barrage de censure (fatigué il est vrai à cette époque). la monroe qui sortait de l’épreuve d’une fausse couche a des rondeurs qui m’ont surpris et une présence fascinante, même si, en fait, elle est un second rôle (son statut de star en a fait la tête d’affiche) qui polarise deux acteurs au sommet : l’un se dévouera à la femme blessée, l’autre finira à assumer son côté féminin dans un final de toute beauté.

je ne goûte guère les « musicals », mais les morceaux chantés sont les moments forts de cette histoire…l’éveil du désir, l’amour idéalisé et la désillusion qui va avec…c’est humain quoi ! et puis, en tout bon fan de film de gangster, qu’il m’est savoureux de revoir george raft en caïd ou george stone en balance, en ces temps où il est de bon ton de faire de lourds clins d’œil, dans un registre tout sauf parodique (c’est aussi à cela qu’on mesure la qualité d’un scénar…enfin c’est mon na’vi).

je pensais posséder définitivement mon « top ten »…une fois de plus je me suis gouré ! non seulement parce qu’il est stupide de vouloir sérier, classifier, mais encore parce que j’ai tellement de choses à (re)découvrir. c’est un début, je continue mon combat. »some like it hot » est d’hier et d’aujourd’hui.
et banzaï !

[rec]2…l’exorcisme à la catalane

décembre 31st, 2009 by lamorille

que faire un 31 décembre lorsqu’on s’ennuie ferme et que le pc a chopé une saloperie de virus ?

tiens tiens, à propos de virus…y’ a [rec]2 de jaume balaguero et paco plaza qui passe au ciné cet aprem’…le premier opus relatait la mise en quarantaine d’un immeuble de barcelone suite à la présence d’un virus transformant de paisibles habitants en zombies sanglants et speedés. le second part exactement de la fin du précédent. des superkeufs accompagnés d’un énigmatique fonctionnaire qui s’avérera être un…non je ne déflore pas le sujet, sont chargés d’élucider ce mystère : ils sont surarmés et suréquipés de caméras diverses et variées, vous voyez où les réalisateurs veulent en venir…filmer du point du vue des dites caméras.

dès lors, tout part en vrille, on monte et descend les escaliers, on se fait attaquer par des créatures sanguinolentes surgies de nulle part. c’est usant la vie de cinéphile ! le scénario s’écarte de l’histoire d’un virus assassin pour s’orienter vers la possession satanique…et oui, lecteur, tu l’auras compris, on te refait le coup de l’exorciste (insultes, vomissements, croix salvatrice…) en speedé. côté peur, cela fonctionne, même si ce n’est pas nouveau (cf « cloverfield », « diary of the dead » ou « le projet blair witch »), des instants de purs flips. côté gore, le client de boucherie en gros que je suis est servi à satiété.

[rec]2 s’enlise cependant en multipliant les points de vue-caméras et en ajoutant la traditionnelle bande de petits cons d’ados inhérente à tout film horrifique (ça doit plaire au marché américain, aaaahh l’i-den-ti-fi-ca-tion !). en outre l’histoire devient un grand n’importe quoi au bout de 45 minutes :
- « faut récupérer l’éprouvette contenant le sang de « machine medeiros » – la première possédée – là bon dieu ! »
- »je l’ai ! attention y’a des monstres qui se dirigent vers toi »
- « voyons si c’est le bon sang…je place la croix avec les incantations adéquates…ça brûle ! »
- »merde t’as fait péter l’éprouvette…je me casse !  »
- »tu restes ! c’est moi qui commande ! faut trouver du sang de satan ! »
- »chope le minot possédé là ! on va le faire parler ! »
- »où es-tu satan ? parle ! dans la chatte de ta mère ! (clin d’oeil) »

bon, tout cela n’est que prétexte à étaler de la bidoche et à faire flipper : réussi. pour le reste, ce n’est pas parce que l’on a eu un immense succès et qu’on a gagné un paquet de brouzoufs que l’on se doit de réitérer le même film !
non mais !

avatar…et coquecigrues.

décembre 19th, 2009 by lamorille

samedi…glacial…suis de mauvais poil…bon, je m’y colle…je vais voir « avatar ». ça a intérêt à être bien…ou décontractant pour le moins. quoi ? deux euros de plus pour la 3d (grogne), deux euros la loc d’un bout de plastoc usiné en gniakouéstan ? re-quoi ? une salle comble, des ados popcornisés et des élèves de l’école de gendarmerie (râle) ? si j’ajoute un retard de 20 minutes et une voisine qui carbure au m&m’s (soupir et grincement de dents), la séance commence mal.

alors, l’histoire : les humains vilains pas beaux ont colonisé la planète Pandora (eh oui) pour y extraire un minerai vachement important même si on ne sait pas à quoi il sert, faut que les actionnaires en aient pour leur argent (sic). d’anciens marines reconvertis en mercenaires veulent la peau des indigènes, les na’vi (vi), des géants bleus très développement durable, agiles et aux yeux jaunes. jake sully a une mission, devenir un avatar na’vi pour mieux pénétrer cette civilisation et faire son rapport au méchant chefquiveuttouslesbuter tout en participant à une étude scientifique sur ce monde merveilleux et néanmoins équatorial…bref un agent double qui ne tarde pas à s’enamourer de la belle (?) neytiri et à prendre fait et cause pour les autochtones.
commence alors le rituel d’initiation…qui consiste à apprendre à chasser tout en communiant avec la nature ou à voler sur un dragon. bien sûr, les affreux ne l’entendent pas de cette oreille et décide d’attaquer à grands coups de monstres mécaniques volants ou terrestres. la bataille sera terrible…
si j’oublie bien des péripéties c’est qu’il y en a un max…ça se succède à un rythme effréné. cependant, je me dois de signaler que le héros, qui va d’avatar en marine (ce qui est bien fatigant…mais bon, toute double vie est usante n’est-ce pas ?), est handicapé dans l’armée(sur un fauteuil roulant)…et fait trois mètres de haut dans le civil, alors, il court (beaucoup), il vole (pas mal), il drague (un peu, mais neytiri est déjà tombée en pâmoison de ce terrien-na’vi, donc l’affaire est dans le sac).
vous suivez ? je vous préviens, je ramasse les copies !

y’a pas à tortiller du croupion comme la voisine qu’a fait tomber ses bombecs, cameron sait raconter une histoire. c’est classique, pas révolutionnaire pour un sou…euh…500 millions de dollars (le coût du film), mais pour peu qu’on laisse ses préjugés d’adultes de côté, ce qui est mon cas, on se laisse emmener dans ce tourbillon d’images. c’est souvent le problème du cinéma, il est sur-interprêté, intellectualisé…alors qu’il ne nous raconte ici qu’une histoire. à titre d’exemple, je suis un mioche quand je revois « jason et les argonautes » ou le « 7e voyage de sinbad ».
la 3d…mes problèmes oculaires m’empêchent de bien distinguer tous les détails, elle est néanmoins impressionnante, tout comme les sfx. la chatoyance des couleurs peut parfois faire penser au blog de pipirella ou aux images cordialement envoyées par les filles de la déconnologie (;-)), mais encore une fois, laissons nos à priori au vestiaire.
le message écolo-compatible de rigueur est neuneu à souhait : harmonie avec la nature, tendresse envers un animisme fourre-tout, bestioles pas si méchantes que cela…il s’adresse à la masse des spectateurs…bonne conscience quand on voit ce qu’a coûté le métrage.

ne lésinons pas, j’ai aimé, les 2h45 passent à la vitesse d’un vol de dragon dans les méandres de la jungle pandorienne. ce film est, comment dire…un joli conte. mais cameron gâche un peu le plaisir avec un générique de fin sirupeux, dans lequel une sorte de céline dion beugle sur une pop trop sucrée pour être honnête un vague hymne à l’amour. dernier petit défaut selon moi, un léger manque d’émotion vraie, on est souvent dans le pathos vert. enfin, « avatar », c’est des coquecigrues… mais plaisantes, c’est le cinéma.

ps: j’ai pillé le titre à l’excellente bd d’alexis (avatars et coquecigrues, fluide glacial)…et le banzaï !

hgl…un pape.

décembre 16th, 2009 by lamorille

pour ceux et celles qui me fréquentent sur la rue, je sévis sous le pseudo d’hershellgordon…mon avatar (hé hé ben) a pour source un piteux cinéaste du nom d’herschell gordon lewis (oui j’ai enlevé le « c » pour faire moins classe) ayant sévi durant les 60′s et les 70′s…
c’est le pape du gore, sous-genre horrifique et peu sérieux. un personnage assez retors qui a débuté dans les « nudies », petits films érotiques aux budgets si riquiquis que même le porteur de café de james cameron en rigole encore. c’était l’époque du ciné d’exploitation, où tout était bon à prendre et pas mal à laisser. hgl tourne en une semaine « blood feast » (1963), le premier film gore directement issu de la tradition du grand guignol…énucléation, arrachage de langue et tutti quanti derrière un vague propos de malédiction égyptienne…
bon, le résultat est nul, mais il permet au cinéaste et à son producteur, une pure crassouille celui-là, d’engranger des dollars grâce au succès dans les drive-in, surtout il brise le tabou de ce que l’on peut montrer au cinéma. dès lors plus rien ne sera comme avant.
vinrent les 80′s, certains trouvent cette décennie pourrie, mais pour moi, ce fut la découverte, via la vhs, d’un cinéma différent. pas mal de nanars, et alors ? quand on matait un film, c’était d’un bout à l’autre, même si la télécommande existait (saloperie d’invention), mes potes et moi étions en communion devant le dernier fulci, romero ou raimi, et les filles criaient comme patrick juvet !
joints, binouzes et sida…toute une époque, de celle qu’on sait qu’elle marque façon jalon ce qu’il convient de faire ou pas. « abstinence et orgie » étaient comme un écho à « être ou ne pas être »…
donc, nous avions nos héros shakespeariens à nous…nous étions déconnologues de base…avec un kondukator bien avant le net…
j’ai dans mes cartons des films improbables de lewis qu’un poteau m’a ramené d’atlanta…vhs pourrie en pal, j’aime bien. perso ma route sinue vers « 2000 maniacs » ou « color me blood red » parfois.
et j’encule johnny hallyday et max pecas
non mais !

le ruban blanc…noir.

décembre 13th, 2009 by lamorille

ok, michael haneke n’est pas connu pour sa déconnologique attitude…ses films attesteraient même du contraire. allez savoir pourquoi je suis allé me perdre un dimanche après-midi au cinéma pour me frotter à cette œuvre austère…me frotter…me flageller à coup d’orties , m’esquinter au martinet luthérien plutôt…

« le ruban blanc » relate la vie d’un village de l’allemagne près de la frontière polonaise…une communauté comme se plaît à le répéter le pasteur. les familles sont presque toutes nombreuses, tout semble aller pour le mieux lorsque s’achèvent les moissons, si ce n’est que le docteur a été victime d’un accident pour le moins curieux…tout le monde festoie sous le soleil et le patronage du baron, personnage affable qui semble traiter ses gens avec tout le paternalisme de rigueur, droit dans ses bottes et l’œil goguenard. survient un second incident…son fils disparaît et sera retrouvé dans la forêt avoisinante, meurtri…

dès lors, les incidents se succèdent et l’on découvre avec effroi tous les secrets de la communauté, sur lesquels je ne peux m’étendre sans déflorer le film. ce qui est sûr, et désespérant, c’est qu’aucun des protagonistes, quelque soit son âge, n’est « blanc »…avec tact, haneke introspecte au scalpel chaque individu de la « communauté », qui n’est qu’un paravent de tous les vices, les tares des individus..bref une confortable couverture molletonnée sous laquelle se couvent les vicissitudes et les perversions…bien au chaud…

à de multiples reprises, haneke nous donne à voir l’ambivalence de chacun, untel, plutôt sympathique, s’avère être une crevure de premier ordre; unetelle innocente devient complice d’une lâcheté…nul n’y échappe, sauf l’instit et le petit trisomique… c’est absolument horrible…et tellement vrai.

côté mise en scène, haneke (et son directeur de la photographie) nous gratifie d’un splendide noir et blanc, je me suis senti à la fois à distance et partie prenante de l’histoire. il me semble que c’est la force de ce cinéaste qui joue souvent avec les nerfs du spectateur. de plus, la caméra ne virevolte pas, elle s’attarde sur les visages, les gros plans sont magnifiques, ils laissent entrevoir le « derrière de la façade » sans en rajouter.

donc, les potosses, j’en suis encore tout retourné, c’est d’un pas mal assuré que je suis rentré chez moi…le film se clôt sur la déclaration de guerre de 1914-18. certains y ont vu une parabole à propos du nazisme à venir…bof…en ce qui me concerne, j’ai perçu une histoire intime et universelle, dieu est bien mort. à voir au ciné et en vo !